
Le Portrait de Dorian Gray
d'Oscar WILDE
Le Livre de Poche
2001, p.285
7
Première Publication : 1891
d'Oscar WILDE
Le Livre de Poche
2001, p.285
7
Première Publication : 1891
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Et ce livre lui-même est double : il nous conduit dans un Londres lugubre et louche, noyé dans le brouillard et les vapeurs d'opium, mais nous ouvre également la comédie de salon des beaux quartiers. Lorsqu'il parut en 1890, il fut considéré comme immoral. Mais sa singularité, bien plutot, est d'être un roman réaliste, tout ensemble, et un roman d'esthète - fascinants, l'un et l'autre, d'une étrangeté qui touche au fantastique.

u centre de la pièce, fixé à un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d'un jeune homme d'une extraordinaire beauté physique, devant lequel, à peu de distance, se tenait assis le peintre lui-même, Basil Hallward, celui dont, il y a quelques années, la disparition soudaine a, sur le moment, tant ému le public et donné lieu à d'étranges conjectures.Or Dorian Gray, jeune dandy séducteur et mondain, a fait ce voeu insensé : garder toujours l'éclat de sa beauté, tandis que le visage peint sur la toile assumerait le fardeau de ses passions et de ses péchés. Et de ce fait, seul vieillit le portrait où se peint l'âme noire de Dorian qui, bien plus tard, dira au peintre : "Chacun de nous porte en soi le ciel et l'enfer."
Préface :
'artiste est celui qui crée des choses de beauté. Révéler l'art et dissimuler l'artiste, tel est le but de l'art. Le critique est celui qui sait traduire d'une autre façon ou avec un autre matériau l'impression que lui font des choses de beauté. La forme la plus haute, comme la plus basse, de la critique est une manière d'autobiographie. Ceux qui trouvent des significations laides à des choses belles sont corrompus sans être charmants. C'est regrettable. Ceux qui trouvent des significations belles à des choses belles sont des gens cultivés, pour lesquels il y a de l'espoir. Ce sont les élus pour lesquels des choses belles ne signifient rien d'autre que la Beauté. Il n'existe pas de livres moraux ou immoraux. Les livres sont bien écrits ou mal écrits. C'est tout. L'antipathie du XIXème siècle pour le réalisme, c'est la rage de Caliban qui se voit dans son miroir. L'antipathie du XIXème siècle pour le romantisme, c'est la rage de Caliban qui ne se voit pas dans son miroir. La vie morale de l'homme forme une partie du sujet sur lequel travaille l'artiste, mais la moralité de l'art consiste en un usage parfait d'un moyen imparfait. L'artiste ne désire rien prouver. Or, même ce qui est vrai se prouve. L'artiste n'a pas de préférences morales. Chez l'artiste, une préférence morale trahirait un style impardonnablement maniéré. L'artiste n'est jamais morbide. L'artiste peut tout exprimer. La pensée et le langage sont, pour l'artiste, les instruments de son art. Le vice et la vertu sont, pour l'artiste, le matériau de son art. Du point de vue de la forme, l'art du musicien est typique de tous les arts. Du point de vue de l'émotion, c'est le métier de comédien qui est typique. Tout art est à la fois surface et symbole. Ceux qui dépassent la surface le font à leurs propres risques. Ceux qui déchiffrent le symbole le font à leurs propres risques. C'est en réalité le spectateur et non la vie que reflète l'art. Des opinions différentes au sujet d'une oeuvre d'art montrent que cette oeuvre est neuve, complexe, vitale. Quand les critiques ne sont pas d'accord entre eux, l'artiste est en accord avec lui-même. On peut pardonner à un homme d'accomplir une oeuvre à condition qu'il ne l'admire pas. La seule excuse d'une oeuvre utile, c'est qu'on l'admire intensément. Tout art est complètement inutile.
lobalement déçue par cette deuxième lecture. Roman philosophique, avec le thème du Pygmalion et de la jeunesse éternelle. Un livre culte à découvrir mais accrochez-vous, ne le lisez pas dans une période de fatigue....











